La conférence de Mgr Van Looy sur l’Église coréenne

Le dimanche 12 novembre, Mgr Van Looy, évêque de Gand et longtemps missionnaire en Corée du Sud à laquelle il reste très lié, donnait à la crypte de la basilique de Koekelberg une conférence sur l’Église de Corée.

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Témoignages

  • Compte-rendu de la conférence de Mgr Van Looy sur l’Eglise de Corée.
    Le dimanche 12 novembre, Mgr Van Looy, évêque de Gand et longtemps missionnaire en Corée du Sud à laquelle il reste très lié, donnait à la crypte de la basilique de Koekelberg une conférence sur l’Église de Corée.
    Il a resitué l’Eglise de Corée dans son contexte géopolitique, rappelant que depuis la séparation du pays en deux, en 1953, les catholiques avaient massivement fui la Corée du Nord. Ils sont aujourd’hui très peu nombreux et ne se manifestent pas publiquement. Il y a bien une « Église officielle » mise en place par la dictature au pouvoir comme gage du son « ouverture », mais ses responsables sont des fonctionnaires d’État et n’ont aucun rôle pastoral. Les catholiques de Corée du Sud se sentent donc dépositaires de la foi pour le compte des deux Corées, espérant toujours une réunification du pays.
    Rappelant l’histoire singulière de l’instauration du catholicisme en Corée au 18e siècle – cas unique dans l’histoire du christianisme d’une auto-évangélisation par des laïcs du pays qui ont fondé eux-mêmes la communauté chrétienne à partir du baptême de l’un d’entre eux – il a souligné que ce passé expliquait le fort engagement missionnaires des chrétiens sud-coréens. S’appuyant sur son expérience pastorale de missionnaire salésien en Corée du Sud, il a décrit avec chaleur le fonctionnement de cette Église locale dynamique et qui n’a cessé de croître durant les 60 dernières années.
    Les catholiques de Corée du sud sont en effet missionnaires à l’intérieur comme à l’extérieur de leur pays.
    • À l’intérieur par une attitude proactive aidée par une structure forte de l’Église dans les paroisses et les quartiers et un grand sens de la solidarité. L’afflux des vocations religieuses, notamment chez les jeunes femmes qui y voyaient une possibilité d’autonomisation et d’épanouissement, a permis d’adjoindre à chaque paroisse une communauté de religieuses qui animent la vie spirituelle et sociale des quartiers. Les fidèles sud-coréens sont très insérés dans le tissu social, ce qui leur donne l’occasion de témoigner de leur foi par les actes auprès de tous leurs concitoyens, tout en les invitant à rejoindre des groupes d’activités paroissiaux. La plupart des baptêmes sont demandés par des adultes pour eux-mêmes, à la suite d’un contact avec un membre de la communauté chrétienne locale qui devient ainsi leur parrain et reste très proches d’eux. Le fort engagement social de l’Église en faveur de la liberté de conscience et de la justice suscite le respect et l’admiration de l’ensemble de la population, poussant certains à se convertir.
    • À l’extérieur parce que les catholiques de Corée, prenant conscience du formidable patrimoine spirituel et existentiel apporté par la foi chrétienne, veulent à leur tour le partager au monde entier, comme l’avaient fait les premiers disciples du Christ. Voilà pourquoi, aujourd’hui, l’Église coréenne envoie près d’un millier des missionnaire – hommes et femmes, prêtres, religieux et laïcs – dans le monde entier. Ils sont notamment très présents en Amérique du Sud et du Nord, ainsi qu’en Afrique, en particulier au Soudan.
    Mgr Van Looy n’a cependant pas caché les défis posés aujourd’hui à l’Église, comme à l’ensemble de la société coréenne, par la croissance économique très rapide du pays, le progrès technologique et le culte de la performance extrêmement poussé chez les Coréens. Cette pression de la vie quotidienne ne manque pas d’influer sur les vocations religieuses qui sont aujourd’hui en nette régression, notamment dans les ordres féminins.
    - Armelle Griffon

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